L’aventure de Spirou commence par la rencontre entre Charles Dupuis, éditeur belge, et le dessinateur français Rob-Vel (pour Robert Velter). Charles a le projet de lancer en 1938 un journal pour enfant avec pour personnage central un groom prénommé Spirou. Il charge Rob-Vel de lui donner corps. Ainsi naissent dans le même mouvement et le personnage et le Journal ! C’est le début d’une longue aventure créative où Spirou est vite rejoint par Spip, son écureuil fétiche, puis Fantasio, le Comte de Champignac, le Marsupilami, Seccotine… Dans le journal, en albums, puis plus tard en jeux vidéo, en séries animées, et désormais le Parc Spirou Provence, ce sont des dizaines et des dizaines d’aventures que vivent Spirou et ses amis.

 

Tout au long de sa vie, Spirou a été animé par des talents extraordinaires. Comme Spirou avec ses amis, ces auteurs formèrent une fraternité qui infusent dans leurs œuvres. Au sein du Journal, il n’était pas rare de voir tel ou tel personnage faire un coucou dans les cases de tel ou tel autre.

 

Encadrés par des figures tutélaires entrées depuis dans la postérité de l’histoire de la bande-dessinée, tel Joseph Gillain, dit Jijé, les jeunes auteurs d’alors qu’étaient André Franquin, Morris, Peyo, Will, Jidéhem, Roba et tant d’autres sont devenus des références internationalement reconnues. Ils formèrent même un courant artistique dans le neuvième art que l’on nomma L’école de Marcinelle, autrement dit l’école du « Gros nez » en référence notamment à la manière de représenter Gaston Lagaffe.

 

Au cours des décennies, ces génies réalisèrent seuls ou en équipe des albums qui sont devenus des classiques d’où se sont échappés des personnages qui font désormais partie de l’imaginaire collectif et de la culture populaire.

 

Après les bibliothèques, ces mêmes personnages ont envahi les rayons des magasins de jouets, les consoles de jeux et les écrans, petits et désormais grands. Ils y ont emmené leurs valeurs et leur identité, mélange de hardiesse, de curiosité, de courage et de conviction.

 

Spirou, Fantasio et l’écureuil Spip forment un trio de reporters inventifs et audacieux. Leur force réside dans leur amitié et leur capacité à s’appuyer sur leurs compagnons : le Comte de Champignac, savant réputé spécialiste des champignons dont il tire des inventions formidables (un sérum qui insensibilise au froid, un autre qui rend surhumain, un gaz qui ramollit le métal…) ; Seccotine, journaliste déterminée et femme indépendante ; et le Marsupilami, prodigieux animal à la queue longue de sept mètres, doué de nombreux dons de la nature (amphibie, capable de parler, à l’odorat surdéveloppé, capable de colères destructrices et légendaires…).

 

Le Marsupilami que l’on voit avec sa famille n’est pas le même que celui qui accompagne Spirou et Fantasio. Il lui est très semblable mais habite encore dans sa forêt amazonienne natale, décrite avec une merveilleuse imagination dans l’album Le Nid des Marsupilamis. Ce Marsupilami-là est marié, a trois petits marsus intrépides, et vit en harmonie au milieu des autres animaux et des indiens, dans le respect de la nature et l’apprentissage de ses bienfaits comme de ses dangers.

 

La représentation moderne de Spirou, Fantasio, Spip, des Marsupilamis et de leurs amis, a été fixée par André Franquin. Si d’autres auteurs ont poursuivi les œuvres et prolongé leurs aventures, c’était toujours avec la référence du maître belge disparu en 1997. Franquin est aussi le créateur du premier anti-héros de la bande-dessinée, véritable phénomène dès sa première apparition en 1957 dans les pages du Journal de Spirou : Gaston Lagaffe.

 

A l’origine jeune homme désœuvré, maladroit et propre sur lui, Gaston s’est progressivement mué en électron libre capable des plus invraisemblables inventions, mi-poète mi-farceur, jusqu’à se draper d’une sensibilité politique assumée, en particulier pionnier écologiste pacifiste mais déterminé. Comme il reste au fond un enfant, Gaston ne saurait éprouver un amour qu’uniquement platonique envers Mlle Jeanne. Par sa tendresse et son humour explosif, il est devenu un personnage intemporel.

 

Dans un tout autre univers mais à la même période où Franquin donnait à Spirou ses lettres de noblesse, Morris créait Lucky Luke. Tout au long de sa prolifique carrière consacrée uniquement à son personnage, Morris a su s’entourer de talents remarquables pour lui écrire des histoires pleines de rebondissements, drôles et souvent documentées sur l’Ouest sauvage. Sa plus fameuse collaboration fut avec René Goscinny, le co-créateur d’Astérix et du Petit Nicolas. Lucky Luke a croisé le chemin des figures de l’Amérique du XIXème siècle, chefs indiens comme Sitting Bull, le Président Lincoln, des personnalités légendaires et des bandits fameux tels que Calamity Jane, Billy the Kid et bien entendu la famille Dalton – les vrais puis, très vite, leurs inénarrables cousins, créés avec génie par Goscinny.

 

A ces personnages cultes s’ajoute enfin la jeune garde de la bande dessinée contemporaine avec la présence sur le Parc de l’univers de Zombillenium. Créé par Arthur de Pins, artiste polyvalent autant à l’aise dans la bande-dessinée que dans le cinéma d’animation, Zombillenium raconte le quotidien d’un Parc d’Attractions d’un genre particulier : tous ses employés sont des créatures de l’imaginaire – diables, vampires, squelettes ambulants, loups garou… Il est amusant de proposer un « Parc dans un Parc » dans un vertigineux et spectaculaire simulateur multi-dimensionnel. Mais chut, n’en disons pas trop, et venez vous rendre compte sur place !